Le cinéphile tranquille | En hommage à DSK...Les chiens de pailles (Sam Peckinpah, 1971) - Le cinéphile tranquille
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31 juillet 2011
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by lecinephiletranquille

En hommage à DSK…
Les chiens de pailles (Sam Peckinpah, 1971)

 

On nous annonce pour aujourd’hui l’abandon des charges criminelles à l’encontre de Dominique Strauss-Kahn dans l’affaire de la tentative de viol dans la chambre du Sofitel.
Bien sur comme tout le monde, je n’en pense rien puisque je connais rien à l’affaire mais depuis le début de cette histoire des images trottent dans ma tête. Des images, qui je ne sais pas pourquoi se superposent à l’image de ce grand monsieur qui rencontre, séduit et couche avec une parfaite inconnue en moins de 8 minutes (douche comprise façon Chirac peut être)
Des images que l’on devine aisément interdites au moins 12, 16 et 18 ans.
C’est réellement une superposition. Je vois cet homme et aussitôt après, toutes ces images s’ajoutent en couches sur son visage. Il n’en reste à la fin qu’un patchwork d’images dégradantes, de violences collées comme des verrues sur lui.
DSK va donc être blanchi. Je pense à cet homme et j’ai aujourd’hui une image qui me revient en tête. Plutôt deux. Un raccord en fait. Au tout début des chiens de Pailles de Peckinpah.

Le film s’ouvre sur des vues d’un village de la campagne un peu profonde anglaise. C’est classique chez Peckinpah. De montrer la ville, des détails du quotidien avant que la violence n’arrive. Quotidien qui lui même n’est pas exempté de violence.
Et bien sût tout le monde pense aux enfants qui jouent avec des scorpions dans l’ouverture de la Horde sauvage. Nous découvrons donc ce village, un brin austère monté avec des plans demi-larges, demi-serrés sur des habitants. Des plans larges, même en 180° suivent imprécisément un groupe de jeunes gens qui détonnent par les couleurs de leur vêtements. Même s’il faut l’admettre nous ne voyons pas bien qui ils sont. Juste, ils détonnent et font tourner les têtes sur leur passage.

Et nous arrivons au 1er plan qui va faire le raccord.
Un homme sort d’une cabine téléphonique. Il voit quelque chose -hors champ bien sûr- qui le subjugue. Il est figé sur place. Qu’est ce que cela peut être.
Raccord sur… le très gros plan d’une poitrine de femme qui marche. On ne voit rien de la jeune femme. Pas son visage. Elle ne parle pas. La musique donne une ambiance bien plus présente que le bruit du village, des conversations.

Nous découvrirons très vite que l’homme connaît la jeune femme -qui a un visage rassurez vous. Qu’ils sont sortis ensemble mais que bon c’est un gros plouc et qu’elle lui préfère un beau mathématicien américain. Bon plus tard, il la violera pour lui apprendre la vie. Mais c’est une autre histoire -et un autre billet d’ailleurs-

Voilà DSK pour moi c’est ça. Un homme qui voit les seins des femmes avant de les considérer comme des individus.
Un gars qui a la classe. Internationale, cela va sans dire.

 

Mise à jour

 

En regardant de nouveau le début du film il s’avère que ma mémoire m’avait joué un tour. Oh que Dominique Strauss Kahn ne se rassure pas trop vite. La vérité du film est encore plus cruelle pour lui.

Il s’avère que j’ai inversé les deux plans.

Après quelques plans sur la ville et ses habitants, un raccord nous mets face à un gros plan de poitrine de femme dont la forme se dessine clairement derrière un pull blanc. Soyons clair, la jeune femme ne porte pas de soutien-gorge.
Ce gros plan est court. Il est très rapidement suivi d’un zoom arrière qui pannote pour recadrer la jeune femme en plan américain -jusqu’aux cuisses – et la découvrir avec d’autres amis.

La réaction instinctive, incroyablement physique, au départ du plan est de reculer la tête comme pour se dire « oh, je suis trop prêt là. Que fais je ici?C’est pas très …. Désolé » Le zoom arrière accentue un peu plus ce malaise.
Car quand nous  découvrons le groupe -la femme et deux amis à elle- dans un cadre plus habituel, se repose automatiquement la question classique du cinéma, c’est à dire le regard. Qui regarde qui? qui voit quoi?etc.

Or à la fin du plan, on se demande si quelqu’un ne regarde pas le groupe et on se dit que cette personne ne regarde en fait que la jeune femme et plus particulièrement ses seins. On ose imaginer que cette hypothèse soit vraie car quand même, ca vous pose un homme, une telle attitude.

Raccord.
Et là plan serré d’un homme qui sort précipitamment d’un cabine téléphonique. Avec un regard extatique de celui qui aurait vu la Vierge. Ou autre choses…

Conclusion…
Et bien… c’est encore mieux. Je comprends pourquoi ma mémoire avait inversé les plans. L’effet est encore plus dévastateur pour l’homme à la cabine. Un premier plan nous met dans une position morale: « mon dieu quelqu’un serait il en train de dévisager cette jeune femme ainsi? Quel odieux personnage si c’est vrai »
Et bam raccord, et oui un homme se le permet.  « Quel salop » se dit on.
En oubliant au passage que nous avons vu cette poitrine et que peut être au fond cela ne fut pas si désagréable. Quand même. Hypocrite, va!
Et il me semble que le film va jouer sur ce registre. Malheureusement pour nous.

 

 

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